Comment sortir des boucles mentales et arrêter de douter

Une des difficultés quand on est sensible, en quête de vérité et perfectionniste, c’est qu’on peut passer beaucoup de temps dans sa tête et avoir du mal à faire les choses concrètement. Je le sais parce que je suis passée par là.

Se poser des questions, analyser sa situation et évaluer les conséquences de ses décisions, c’est important, mais quand l’étape suivante qui est de passer à l’action, ne vient pas, on stagne et on finit par se juger de ne rien faire — ce qui en rajoute encore une couche.

Dans cet article, je vais explorer ce qui fait qu’on tourne en rond dans sa tête, ce qui se passe réellement intérieurement et qui génère ce blocage et comment sortir de cette boucle d’inaction.

Dans cet article :

    Quand tu es coincée dans la roue du hamster

    J’ai vu ça très souvent chez les femmes que j’ai accompagnées : elles analysent les choses, avancent puis freinent, tergiversent, doutent de leurs idées ou de leurs choix et finissent par ne rien faire. Elles vivent avec un dialogue intérieur constant où plusieurs voix s’opposent.

    Avant de se coucher, sous la douche, dans la voiture, face à soi ou face aux autres… les pensées qui s’emballent, les idées contradictoires, les doutes, les peurs et les tentatives pour se raisonner, les espoirs, les petites voix qui nous emmènent à droite ou à gauche… je connais ça !

    On part dans une direction, mais il y a toujours quelque chose pour nous freiner, nous faire douter ou nous faire changer d’avis.

    Le résultat, c’est une impression de tourner en rond et de ne pas avancer, d’avoir toujours un argument ou une bonne raison de penser le contraire de ce qu’on se disait une seconde plus tôt.

    Non seulement c’est épuisant, mais ça maintient dans une forme d’inaction : pendant ce temps, tu ne décides pas, tu n’avances pas, et la vie nourrissante et épanouissante que tu as envie de te construire semble te filer entre les doigts.

    Non, tu n’es pas trop mentale

    On dit parfois que les personnes qui vivent ça sont trop “mentales” : elles-mêmes peuvent aller jusqu’à dire qu’elles “pensent trop” ou qu’elles sont pleines de contradictions et qu’elles ne savent plus dans quelle direction aller.

    • Tu es trop mentale.

    • Vous êtes trop dans votre tête, pas assez ancrée.

    • Ça mouline, là-haut, dites donc ! Il faut calmer le mental, là !

    On me l’a beaucoup dit et je ne suis pas du tout d’accord avec ça. Pourquoi ?

    1. Ça crée une confusion entre activité mentale et problème vécu, or avoir des pensées, analyser, comprendre et faire des liens n’est pas un dysfonctionnement mais une capacité. Le problème n’est pas l’activité mentale mais la relation que tu as avec tes pensées — lis la suite pour comprendre.

    2. Ça empêche de voir le vrai mécanisme parce que ça sonne comme un diagnostic (faux) : du coup on va essayer de moins penser, se “calmer” ou même se déconnecter de sa tête — ça peut devenir dangereux.

    3. Ça entretient un conflit intérieur inutile : oui parce que quand on dit à quelqu’un qui galère déjà avec ses pensées “tu es trop dans ta tête”, ça crée encore plus de tension et encore plus de pensées ! On cherche à se corriger, on lutte encore plus contre soi — merci bien.

    Il est donc normal de se poser des questions et de faire fonctionner son cerveau — c’est même plutôt souhaitable !

    Il est également normal d’avoir parfois du mal à composer avec tout ce qui est important pour soi : ses valeurs, ses besoins, ses exigences, ses idéaux et ses envies du moment, parce que tout ça n’est pas toujours parfaitement compatible.

    Ça fait partie de l’expérience sur Terre : nous avons des choix à faire, donc des choses auxquelles nous devons consciemment renoncer. Je sais, c’est pas toujours facile.

    Mais ce n’est pas à cause de ça qu’on ressasse trop souvent, ce n’est pas parce que ces directions sont contradictoires qu’on se sent parfois coincé dans sa tête.

    Ce qui se passe vraiment quand tu tournes en rond

    La difficulté que tu rencontres, quand tu tournes en rond, c’est que tu t’identifies à toutes les voix qui te traversent, tour à tour, sans prendre de recul.

    Une pensée apparaît, hop ! tu la crois, tu la suis. Une autre apparaît, hop ! tu la crois aussi, tu la suis aussi.

    Imagine-toi sur un trottoir bondé, avec des gens qui marchent vite, dans les deux sens. Tu croises une personne, tu fais immédiatement demi-tour et tu la suis. Tu croises une autre personne, tu fais immédiatement demi-tour et tu la suis. Et encore. Et encore. 

    Voilà ce qui se passe en toi.

    Le problème n’est pas d’être trop mentale ou de trop penser, il est d’adhérer à chaque pensée qui traverse ton esprit et de la suivre.

    En gros : ce n’est pas que tu penses, c’est que tu crois tout ce que tu penses.

    À noter : j’ai remarqué que c’est souvent chez les “bons élèves” qu’on retrouve ce mécanisme — c’est-à-dire les personnes qui veulent bien faire, qui prennent les choses à cœur et qui souhaitent laisser une empreinte positive sur la planète.

    Ça va avec un trait de personnalité que je retrouve beaucoup chez les femmes que j’accompagne : le perfectionnisme, que j’associe à un grand cœur — quand on a beaucoup d’amour à donner, ça peut se manifester par l’envie d’offrir quelque chose de parfait aux autres.

    Le perfectionnisme peut te maintenir dans cette boucle d’inaction : tant que tu n’identifies pas de “solution parfaite”, tu ne choisis rien, comme ça tu t’assures de ne pas faire de mauvais choix.

    Les conséquences pour toi et pour ta vie

    Pourquoi est-ce que c’est pénible de rester bloquée comme ça ? Eh bien tu le constates toi-même dans ton quotidien : ça t’empêche de te positionner, de prendre des décisions et d’agir.

    Ça fait donc que tu t’observes en train de… ne pas avancer.

    C’est donc avec le temps, dans ta vie, que tu en subis les conséquences : tu n’avances pas aussi vite que tu aimerais, tu n’arrives pas à te décider, à choisir, à trancher, tu maintiens des situations floues dans lesquelles tu ne t’épanouis pas, tu restes entre deux…

    Et pendant ce temps, tu ne construis pas la vie que tu veux vraiment.

    Si tu veux creuser ce sujet, j’ai écrit un article qui explore pourquoi on n’agit pas même quand on sait ce qu’on a à faire : Tu sais ce que tu dois faire mais tu ne le fais pas — comment passer à l’action sans te forcer.

    À ce stade, tu te dis peut-être : “bon ok, mais si j’arrête de suivre mes pensées, alors qu’est-ce qui va se passer, j’arrête de penser entièrement, et je deviens une loque ?”

    Alors non, on n’est pas obligé d’en arriver à cet extrême.

    Comment distinguer les pensées importantes des pensées parasites

    On peut légitimement se dire qu’il y a des pensées justes, propres et vraies, et d’autres qui embrouillent, qui créent de la confusion voire qui sont fausses.

    Peut-être — mais ce qu’il y a à retenir, c’est que tout ce qui se dit en toi n’est pas toi.

    Les pensées vont et viennent, et tu as probablement tendance à adhérer et suivre toutes ces pensées qui te traversent, sans distinction, sur certains sujets en tous cas.

    Et tant que tu adhères aux pensées qui se présentent, sans réel discernement, tu ne peux pas évaluer de la pertinence de ces idées pour toi : sont-elles vraies, sont-elles fausses, sont-elles importantes… ?

    Ce qu’il y a à faire évoluer, ce n’est pas ta capacité à choisir la bonne pensée, mais ta capacité à voir ce qui se passe à l’intérieur de toi — autrement dit, ta capacité à prendre de la hauteur sur ce qui se passe en toi au moment où ça se passe.

    Le discernement, il démarre à cet endroit précisément : il s’agit de développer la conscience que tu as de ce qui se passe à l’intérieur de toi, pour pouvoir choisir ce que tu en fais.

    C’est le seul moyen de récupérer ton pouvoir, à terme, et décider ainsi de suivre une pensée, ou de la laisser passer — c’est donc le point de départ pour construire un quotidien plus serein, plus clair, plus joyeux.

    Et ça, c’est une capacité qui se développe avec le temps et l’entraînement régulier.

    Plus tu élargiras ton conscient — ton champ de conscience — sur ce qui se passe, moins tu seras prisonnière de tes pensées.

    Le mouvement physique : est-ce la solution ?

    Oui et non.

    Oui, le mouvement physique est essentiel : il est bénéfique à tellement de niveaux que je ne pourrai pas développer ça ici — d’autant que ce n’est pas mon domaine d’expertise.

    Quand tu sens que tu rumines, rien qu’une balade, en ville ou à la campagne, peu importe, peut faire des miracles.

    Le sport fait partie d’une bonne hygiène de vie et si tu n’en fais pas du tout, je te recommande de t’y mettre, même un tout petit peu, et d’observer les changements.

    Le fait de bouger permet de sortir momentanément de ce qui te “prend la tête”, en plus d’agir physiologiquement de façon fine et ciblée sur tout un tas de mécanismes impliqués dans l’activité cérébrale, hormonale, etc. C’est donc une excellente base à mettre en place pour sortir de la roue du hamster.

    Mais même si ponctuellement, ça libère, ça ne suffit pas toujours à sortir des boucles de pensées : certaines sont plus résistantes, plus coriaces que d’autres.

    C’est pour ça que, de mon point de vue, le mouvement est essentiel mais pas suffisant.

    Comment ne plus adhérer à ses pensées

    Pour certains, c’est la méditation qui aide. Moi je n’ai jamais été attirée par la méditation et je crois que se forcer à faire quelque chose de déplaisant, régulièrement, est contre-productif.

    Je préfère la spontanéité et le travail dans l’instant : faire avec ce qui est là au moment où ça se présente — c’est donc ce que j’enseigne.

    Alors comment faire pour ne plus se laisser embarquer par ses pensées ? En gros, il s’agit de s’ouvrir à ce qui se passe en soi et observer : les nœuds, les histoires, les commentaires, les jugements… et rester avec, sans chercher à faire quoi que ce soit d’autre que d’être là, présente.

    C’est passif et actif à la fois : passif parce qu’il n’y a rien à faire, mais actif parce que ça demande toute ton attention.

    J’appelle ça le processus-clé et j’en parle en détail dans mon livre Je m’aime comme je suis.

    La prochaine fois que tu sens les pensées s’emballer, que tu te sens assaillie, arrête-toi un instant et observe simplement ce qui se passe : les pensées qui t’assaillent.

    Ce que disent ces pensées, peu importe.

    Prends le temps de rester dans cette observation : comme tu es attirée par certaines, comme tu les suis naturellement. Regarde-toi en train de les suivre, sans chercher à comprendre ou à changer quoi que ce soit.

    Pourquoi ça fonctionne

    Eh bien c’est simple : à force d’observer ce qui se passe en toi sans rien faire, ça va devenir plus naturel et plus facile. C’est comme ça qu’au bout d’un moment, tu pourras observer ce qui se passe en toi simplement et choisir, consciemment, de suivre une pensée ou de ne pas la suivre.

    C’est comme ça que la stabilité intérieure s’installe : tu vois ce qui se passe et tu choisis en fonction de tes critères, dans l’instant, tu ne te laisses pas embarquer par le flot de tes pensées.

    Tu peux enfin te positionner, décider et avancer avec plus de clarté : tu ne fais pas disparaître les doutes, tu arrêtes simplement de les suivre.

    Tu sors du circuit infernal et tu goûtes à la paix de pouvoir choisir les pensées auxquelles tu donnes de l’attention.

    Ça ne demande pas de grandes situations ou d’occasions particulières : c’est en t’entraînant sur des petits moments du quotidien que cette stabilité se construit et qu’elle devient petit à petit un vrai support dans ta vie.

    Maintenant dis-moi : qu’est-ce qui t’a le plus parlé dans cet article ? Échangeons en commentaires ☟

    Flora Douville

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