Les animaux de pouvoir, tu connais ? Ça peut sembler abstrait, enfantin voire un peu grottesque, quand on n’a jamais fait l’expérience d’un lien avec l’un d’eux.
Mais quand on se laisse toucher par leur beauté et leur présence, ça devient autre chose : un cri entendu avant de retourner une carte, une vision qui revient des années plus tard, une relation qui s’approfondit au fil du temps… C’est ce qui s’est passé pour moi avec l’aigle, mon animal de pouvoir.
Dans cet article, je te raconte les différentes étapes de cette rencontre : comment l’aigle s’est manifesté, ce qu’il m’a appris sur sa médecine et la place qu’il occupe aujourd’hui dans ma pratique de soins.
Dans cet article :
Les mondes invisibles : une curiosité de longue date
Les mondes invisibles m’ont toujours intéressée.
Je me souviens encore parfaitement d’une conversation que j’avais eue avec une cousine à moi, quand j’avais peut-être 7 ans. Elle, qui était élevée dans une famille catholique, me disait que dans le ciel, il y avait Dieu et c’est tout.
Peut-être m’avait-elle dit ça parce qu’on avait abordé le sujet des extra-terrestres, je ne sais plus… en tous cas, dans ma tête c’était très clair : je ne voyais pas comment on pouvait dire si oui ou non, il existait des entités différentes de nous, parce que de toutes façons, nous n’avions pas les moyens techniques de les percevoir. Et il était tout à fait probable qu’au moment où l’on parle, différentes dimensions se superposent et donc, qu’il y ait d’autres êtres là, avec nous, mais que nous étions incapables de les voir, les sentir, les reconnaître.
Je n’ai probablement pas pu articuler les choses de cette façon, à cet âge, mais la vision de plusieurs dimensions superposées était très nette dans ma tête.
Des mondes invisibles sont imbriqués et notre visible est pris dedans — voilà ce que je voyais.
Je n’ai pas particulièrement fait de recherches sur ce sujet, pendant ma jeunesse, mais je suis restée attentive à toutes les informations qui me passaient sous le nez, jusqu’à ce que je me fasse des amis aussi intéressés que moi par ce qu’on ne voit pas, à la fin du lycée.
J’ai commencé à m’intéresser tous azimuts au Feng Shui, à la symbolique des couleurs, à la psychologie, à l’existence de l’âme, à l’astrologie… et aux animaux de pouvoir.
Ma première rencontre avec l’aigle, mon animal de pouvoir
Un animal de pouvoir, c'est le nom qu'on donne à une énergie particulière — on peut parler d’esprit — qui nous accompagne, ponctuellement ou durablement, et qui met à notre disposition des aptitudes, des talents, des capacités particulières.
Ça n'a rien d'exceptionnel, tout le monde peut aller à la rencontre de son animal de pouvoir s'il en a envie. Ce qui est intéressant, c'est d'apprendre à connaître cet animal pour découvrir ce qu'il nous offre de particulier, les capacités qu'il met à notre disposition.
Parfois, il est amusant de constater qu'une personne ressemble, physiquement, à son animal !
On peut en avoir un ou plusieurs, parfois ils varient selon les activités et les besoins. Moi je sais que l'aigle est là, mais le serpent aussi — j'en ai fait le logo de ma marque de bijoux.
La première fois que j'ai pris contact avec l'aigle, c'était dans un tirage de cartes : je voulais avoir une idée de mon animal. Je n’étais pas sûre qu’un simple tirage suffise, mais il se trouve que dans mon cas, si.
J'avais pris le temps de sélectionner 10 cartes dans le jeu, puis seulement 5, puis 3, puis une seule. Et avant de la retourner pour voir à qui j'avais affaire, j'ai entendu un cri distinct à l'intérieur de moi, un cri perçant qui m'a frappée : le cri de l'aigle dans la montagne — tu peux écouter à quoi ça ressemble ici.
J'ai dit : “mais, je viens d'entendre un aigle dans la montagne !”
Puis j'ai retourné la carte, et il était là.
Celui qui vole haut dans le ciel, qui voit de loin et qui en même temps, repère les petits détails. Celui qui sait, grâce à son regard perçant.
Je n'ai pas été surprise de le trouver, je me reconnaissais en lui.
Je n'ai rien fait de particulier ensuite, à part y penser de temps en temps. L’aigle est resté là, discrètement. Il m’a partagé ses qualités, généreusement.
Quand l’aigle est revenu me chercher
Il y a quelques années, alors que je faisais un travail approfondi sur ma généalogie, l'aigle est revenu.
J'étais allée voir un ostéopathe assez particulier : il travaille sur les mémoires généalogiques et celles de la vie intra-utérine. Il m'a fait faire un voyage dans le temps et dans l'espace : retour dans le ventre de ma mère, pour effacer certaines empreintes.
À la fin de la séance, alors que j'étais allongée les yeux fermés, il me dit tranquillement “prenez le temps pour revenir, ouvrez les yeux quand vous êtes prête”.
Et à ce moment-là, au lieu de revenir, je pars : une vision commence.
Je me réveille sur une natte, dans un tipi. Une dizaine de visages sont autour de moi et sourient, ils sont heureux de me voir ouvrir les yeux. Je comprends que je fais partie de leur tribu, qu'ils ont chacun un rôle précis dans cette communauté, et que moi aussi.
Je sors d'un sommeil induit de plusieurs semaines, grâce à des plantes, comme si j'avais accepté de traverser une épreuve pour passer un cap et revenir plus propre, plus pure, pour prendre ma place dans cette tribu. Mort, renaissance.
En voyant leurs visages peints, leurs bijoux et leurs plumes, je devine le rôle de chacun.
Je me lève doucement et je sors du tipi. Je suis dans une prairie, vêtue d'une longue tunique blanche, et je commence à marcher dans l'herbe, pieds nus. Le contact entre mes pieds et les brins d'herbe est absolument divin.
Je sens le soleil au dessus de moi, et la brise qui m'enveloppe. Le ciel est clair et dégagé, j'entends le chant d'une rivière qui coule à côté. J'ai la sensation de reprendre contact avec les éléments, de revenir à la vie autrement, plus simplement.
Je vois depuis mes yeux, et en même temps je me vois depuis haut dans le ciel.
Et c'est là que je le perçois : un aigle vole au dessus de moi. Il me voit, je le vois.
Je suis moi et je suis l'aigle en même temps.
Et là j'entends : “Tu es celle qui a la vision de l'aigle”.
Et je comprends que je dois mettre ma vision à disposition des membres de ma tribu, de ma communauté. Je suis là pour leur apporter de la clarté, leur permettre de mieux comprendre ce qu'ils vivent et de prendre des décisions éclairées.
La médecine de l’aigle
La vision s'arrête, je reviens dans mon corps, j'ouvre les yeux doucement.
Cette vision m'a vraiment marquée. C'était un vrai cadeau, une expérience magnifique et une confirmation de ce que je sentais déjà.
Je n'avais rien à faire de particulier de ça, simplement recevoir les informations.
Les informations, dans l'absolu, ne sont généralement pas attachées à un univers ou une ambiance en particulier, on pourrait tout aussi bien les percevoir comme des séquences de formes géométriques.
Mais elles prennent généralement une apparence qui nous permet de les comprendre et de les intégrer : parce que nous sommes humains et que nous avons besoin qu'elles soient traduites dans un langage sensible qui nous touche, pour être pleinement saisies.
Moi je me sens très proche de l'univers des peuples autochtones du territoire nord-américain, ainsi les informations qui me concernent sont souvent empreintes de cette ambiance : les paysages, les animaux, les gens. Je me sens chez moi, dans cet environnement.
C'est pour ça que je suis particulièrement en phase avec certains protocoles de soin que je pratique aujourd’hui : faire appel aux directions, à certains esprits animaux, utiliser le tambour… tout ça me semble simple et naturel.
L’aigle, comme chaque animal, a des qualités particulières. Sa médecine, comme on dit, est en lien avec la vision : l’aigle voit loin, large, mais il distingue avec précision les détails. Voilà l’une des compétences qu’il donne à ceux qui portent sa médecine, comme moi.
Je suis loin d’avoir toutes les qualités du monde, mais s’il y a une chose qu’on peut me reconnaître, c’est bien ma vision — c’est ce que mes clientes viennent chercher chez moi depuis des années.
Et ce que je constate avec l’expérience, c’est que non seulement je vois clair dans les histoires que mes clientes amènent, mais je vois littéralement : quand je commence un soin, je ferme les yeux et j’ai immédiatement la vision de ce qui se passe et de ce que j’ai à faire.
Il est amusant de constater, par ailleurs, que je suis hypermétrope — je vois extrêmement bien de loin.
Mais ce n’est pas la seule qualité de l’aigle : il m’en a montré une autre l’année dernière…
Descendre dans les profondeurs puis remonter
Il y a un an, je participais à une diète de plantes, la deuxième pour moi — pour savoir ce que c'est, lis ceci.
Lors de la cérémonie d'ouverture de la diète, j'ai eu beaucoup de visions et l'une d'elles m'a marquée : un aigle taillé dans l'écorce d'un arbre et peint en bleu ciel.
Cette vision est apparue comme un flash, est restée quelque instant comme si on me la collait sous les yeux, puis a disparu. Je l'ai gardée dans un coin de ma tête.
La diète s'est faite, tranquillement, profondément.
Et lors de la cérémonie de clôture, j'ai eu à nouveau beaucoup de visions, si détaillées qu'on aurait dit un film.
Je me suis vue moi, les pieds sur des cordes, au dessus d'un puit de feu : j'étais toute faite de terre, comme de la glaise séchée, je me tenais debout sur une sorte de pont suspendu et je voyais, en bas, quelque chose qui ressemblait à un volcan — mais dans mon esprit, c'était bien une marmite ou un puit de feu. Dedans, c'était incandescent et ça bouillonnait.
J'ai senti que je devais me laisser tomber dedans et je me sentais soulagée. Mon point de vue a changé et je me suis vue, de loin, tomber dans ce puit flamboyant.
Le ciel était sombre.
Je savais que c'était une bonne chose et qu'une transformation nécessaire allait avoir lieu.
Quelques instants plus tard, j'ai vu ce puit de feu me recracher et m'envoyer dans les airs : j'étais noire, calcinée — j'avait cuit !
La forme de mon corps, dans le ciel, n'était pas nette et je gesticulais dans tous les sens, jusqu'à ce que ma forme humaine devienne celle… d'un oiseau. Un aigle.
Ce grand aigle noir a commencé à battre des ailes, s'est enfoncé dans le ciel sombre, parsemé d'étoiles scintillantes, et a disparu.
Ma vision s'est poursuivie avec beaucoup d'animaux. Des panthères qui sortent doucement de ce ciel étoilé, dans la jungle, avec puissance et grâce. Des lézards dans les feuillages, des serpents dans les arbres.
Et puis un tronc, immense, à l'horizontale. Zoom sur l'écorce de cet arbre, très foncée, presque noire. J'observe sa surface, son aspect granuleux, plein de nœuds qui semblent bouger… mais oui, ils bougent ! Il y a des choses sous cette écorce. On dirait des grenouilles… L'écorce sèche, se fissure, se craquèle.
Et puis soudain, elle éclate, comme de la terre cuite qui explose, et l'aigle bleu ciel apparaît. Ce bel aigle taillé dans le bois, que j'avais vu le premier soir.
Il est immense, et je m'approche pour le toucher. Il fait ma taille, et il y a des bretelles pour pouvoir le porter dans le dos, donc je le mets.
Je marche un peu et j'arrive au bord d'une falaise, le paysage a complètement changé : je suis maintenant dans un univers digne de Miyasaki. Le ciel est bleu, l'herbe est verte et danse doucement dans le vent. Le vide, devant moi, est vertigineux — plusieurs kilomètres de profondeur. Il y a d'autres falaises autour, créant plusieurs gouffres profonds et étroits.
Je me vois de l'extérieur, avec l'aigle sur mon dos. Je fais un pas en avant, dans le vide, comme on s'avancerait pour traverser une rue calme… sans vraiment regarder, tranquillement.
Je tombe dans le vide, confiante, parce que je porte l'aigle sur mon dos — ou plutôt, il me porte.
Je suis l'aigle, il est moi. À tout moment, je peux décider de battre des ailes et remonter facilement. Et c'est ce qui se passe — ma chute s'arrête et je remonte en planant.
Et c'est là que je comprends : l'aigle voit de haut et voit loin, oui. Sa vue perçante lui permet de saisir de minuscules détails.
Mais il a aussi la capacité de descendre dans les profondeurs. Et il peut remonter simplement, quand c'est nécessaire.
C'est ce que cette vision m'a fait comprendre : je porte cette compétence-là. Et comme le reste, il m'appartient de la mettre au service de ceux qui ont besoin d'aller dans leurs profondeurs, mais ne savent pas comment, ne peuvent pas ou ne veulent pas le faire seuls.
Voilà une compétence que je n'avais pas identifiée chez lui, chez moi… et que, maintenant nommée, je peux reconnaître.
Cette vision a été, une fois de plus, un cadeau : elle m'a informée de ce qui s'était passé pendant ma semaine de diète, de ce que j'avais intégré, mais également du programme à venir.
Le programme, c'était quoi ? La marmite de feu, avant l'envol…
La marmite de feu, c'était le cancer du sein, déjà. Mais ce n'était pas tout : j’ai aussi traversé une période difficile et intense, cet été, qui en faisait partie.
C'est bien le passage par le feu qui permet la transformation, l'envol et l'intégration de la médecine de l'aigle.
J'ose espérer que j'en suis à l'étape d'être sur le point d'être recrachée par la marmite de feu !
Cette vision a donc élargi ce que je comprenais de l’aigle. Il ne s’agit plus seulement de voir précisément et avec recul : il peut aussi accompagner une descente dans les profondeurs et permettre d’en remonter.
De la rencontre à la pratique
L’aigle n’est pas seulement une belle image ou une idée : c'est un allié quotidien, c’est notamment à lui que je fais appel systématiquement quand je fais un soin ou que je “voyage” dans les mondes invisibles pour aller chercher des informations.
J'ai beaucoup d'amour et de gratitude pour lui. Je l'appelle Grand Aigle, comme dans Yakari !
Ça fait partie de ce que j'adore dans la pratique soins chamaniques et la collaboration avec l'invisible : la relation qui se tisse avec les esprits qui nous accompagnent.
Je dis nous, parce que cette possibilité de rencontre n’est pas réservée à quelques personnes. Elle peut s’ouvrir à celles qui ont envie de faire cette expérience, avec curiosité et respect.
Je partage mon histoire pour rendre visible la beauté de ces liens intimes. Je déteste le tourisme spirituel ou chamanique qui pousse les gens à venir faire des expériences pour le spectacle, sans aucun respect, mais je déteste aussi l’arrogance de ceux qui utilisent leurs expériences, si fascinantes soient-elles, pour se placer au dessus des autres.
Pour moi, rencontrer l’aigle n’est pas une suite d’expériences à collectionner, mais le début d’une relation. Elle s’approfondit avec le temps et m’apprend à toujours mieux voir — parfois de haut, parfois depuis les profondeurs.
Questions fréquentes sur les animaux de pouvoir
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Il existe différentes façons d’aller à sa rencontre. Il peut se présenter à toi spontanément dans des situations du quotidien, en vrai ou à travers des images, mais on peut aussi choisir d’aller le découvrir lors d’un voyage chamanique.
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Les deux expressions sont parfois employées pour parler d’un lien avec un esprit animal. Leur sens varie selon les traditions, dans ma pratique j’utilise l’expression “animal de pouvoir” et je trouve qu’elle traduit bien la nature de son rôle — il est là pour nous éclairer, nous épauler et nous aider dans l’action.
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Oui, dans mon expérience, on peut en avoir plusieurs, et leur présence peut varier selon les périodes, les activités ou les besoins. L’aigle m’accompagne depuis longtemps, et le serpent fait aussi partie de mon univers.
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Oui, une rencontre n’est pas nécessairement rassurante ou immédiatement agréable. Dans ce cas, il faut prendre le temps de l’accueillir et avoir de la curiosité pour l’animal apparu, qui a toujours un cadeau à offrir.
Maintenant dis-moi : connais-tu ton animal de pouvoir ? Que retiens-tu de cet article ? Échangeons en commentaires ☟
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Flora Douville
L’art d’être soi