Quand ta vie fonctionne — mais que tu te sens éteint(e) à l’intérieur

Lors des stages et des formations que j’animais, avant, j’ai parfois rencontré des femmes dont la vie semblait chouette, bien construite et intéressante : une famille, un travail solide, des relations, une organisation de vie qui tient bien la route.

Mais ce qu’elles vivaient, elles, n’était pas si excitant que ça : elles étaient fatiguées, semblaient manquer d’enthousiasme et on pouvait sentir que quelque chose n’était pas ajusté, subtilement. Elles s’éteignaient et ne se sentaient plus vraiment à leur place, comme si, avec le temps, quelque chose s’était décalé — ou révélé ?

On peut rester longtemps dans cet entre-deux sans drame, sans crise. C’est un processus lent et discret qui peut même passer inaperçu pendant un moment : on s’adapte et, comme on a de l’expérience, on continue à faire ce qu’on sait bien faire sans vraiment y penser. Mais quel est le coût réel de vivre à côté de soi, de ne pas suivre son cœur ?

Dans cet article, je vais explorer ce qui fait qu’on peut en arriver à se sentir vivre à côté de soi-même, les conséquences de continuer comme ça et comment faire bouger ça.

Dans cet article :

    Vivre à côté de soi-même

    Certaines situations ne provoquent pas de crise visible, mais elles créent progressivement un décalage qui se ressent à l’intérieur. Tout semble fonctionner extérieurement : le travail tient, les relations sont globalement stables, la vie suit son cours.

    Pourtant, à l’intérieur, on commence à fatiguer, l’enthousiasme diminue, on a de moins en moins d’énergie, les décisions sont prises avec moins d’élan. Rien de vraiment grave, pas de crise — mais la sensation de s'engourdir ou de s’éteindre commence à prendre de la place.

    Tu as déjà vécu ça ? Comme ça se met en place tout doucement, ça passe souvent inaperçu. Au début, on le sent à peine et, quand on ressent une gêne, on minimise ou on trouve une autre cause, quelque chose de passager : une conversation difficile pas bien digérée, les énergies du moment, un creux de vague, le petit dernier qui ne fait pas ses nuits…

    Sans crise, sans urgence, sans drame, comment remettre sa vie en question, alors que “tout fonctionne” ?

    Le piège de “j’aurais dû m’en rendre compte avant”

    Avant d’entrer dans les détails de ce qui se passe en toile de fond quand on vit ce décalage, il y a une chose essentielle à poser : soit on le voit, soit pas. Et quand on le voit, c’est parce qu’on est prêt pour ça, que c’est le bon moment d’une certaine façon.

    En janvier 2024, lorsque j’ai senti qu’il était temps pour moi de laisser la méthode que j’ai créée, la Méta®, à la postérité, c’est que c’était le bon moment. Quand je l’ai annoncé, quelques personnes m’ont fait le retour suivant : “ça faisait probablement longtemps que tu devais arrêter, mais c’est seulement maintenant que tu le vois”.

    Je ne suis pas d’accord avec cette lecture. Je ne crois pas qu’il y ait de “tu aurais dû” ou que “cela aurait dû se passer autrement”. Les choses se passent exactement comme elles doivent, et c’est précisément parce qu’elles se passent comme ça que ça nous fait bouger, évoluer, grandir.

    En ce qui me concerne, j’étais encore très motivée et enthousiaste à l’idée de poursuivre le déploiement de la Méta®, encore la veille de ma décision. Il a suffi d’une conversation, pendant laquelle j’ai parlé de ce que je faisais sans entrain profond, pour faire le constat que c’était fini : j’avais atteint le point de transmission.

    Mais avant ça, ce n’était pas l’heure — et si je regarde les choses rétrospectivement, je constate que beaucoup de choses s’étaient mises en place dans les mois et les semaines qui ont précédé cette décision, permettant un passage de flambeau serein.

    Quand un décalage se fait sentir, c’est que c’est le moment de le voir et peut-être d’agir. Il est parfaitement superflu de s’en vouloir de ne pas l’avoir compris plus tôt.

    La raison du décalage

    Ce qui fait qu’on se trouve dans une vie qui ne semble plus vraiment nous correspondre, c’est que… c’est le cas : elle ne nous correspond plus !

    En mettant des choses en place — une carrière, une activité professionnelle, une famille, des relations, des routines, un fonctionnement, des habitudes — on le fait à partir :

    • de ce qu’on connaît de soi à un moment donné ;

    • et de ses limitations, mécanismes de protection et conditionnements.

    On pourrait comparer ça à poser des rails pour avancer dans la vie, et se rapprocher de là où on a envie d’aller.

    Les problèmes arrivent quand on ne fait pas le point régulièrement sur la direction dans laquelle ces “rails” nous emmènent : tu es dans un train qui t’emmène à Paris alors que tu voulais aller à Orléans — c’est ballot.

    Pourquoi le décalage grandit doucement

    Ça ne s’arrête pas là : le train, lui, continue toujours sur les rails que tu as posés et, après Paris, il continue vers l’Allemagne et, si tu continues de dormir contre la vitre dans le train, tu vas te retrouver en Pologne. La Pologne est un beau pays, mais si ce n’est pas là que tu voulais aller, c’est dommage.

    Le décalage, qui était léger au départ, finit par être énorme.

    Si tu ne prends pas de hauteur, de temps en temps, pour vérifier que ta vie te convient et te mène là où tu le souhaites, tu vas continuer à aller dans la direction que tu as donnée à ta vie il y a… longtemps.

    Nous sommes tous en constante évolution. Ce que tu savais de toi, de ta vie et de tes désirs il y a quelques années, lorsque tu as fait certains choix, a évolué, peut-être même beaucoup : c’est la raison pour laquelle il est essentiel de prendre le temps de réévaluer ta vie et tes décisions pour vérifier que tu es toujours en accord avec elles.

    Autrement dit : le décalage que tu peux vivre est absolument naturel. Il vient du fait qu’une trajectoire que tu donnes à ta vie est comme une ligne droite (des rails), alors que ton cheminement suit des courbes et change de direction régulièrement, conformément à tes élans de vie, tes intérêts et tes circonstances.

    Ton héritage : l’adaptation pour survivre

    Ce qui ne t’aide pas dans cette histoire, c’est que tu portes, comme tout le monde, un mécanisme de protection qui te permet de t’adapter à toute situation inconfortable. Cette capacité est pratique et peut te sauver la vie temporairement.

    Mais quand elle devient le quotidien et qu’elle remplace les mouvements de vie, les élans et l’exploration de nouveaux horizons personnels, alors elle te dessert.

    Et c’est souvent le cas quand il n’y a pas de crise ou de problème apparent : comme les conséquences de l’incohérence que tu perçois ne sont pas immédiates, elles sont facilement minimisées.

    Éventuellement, tu peux somatiser et commencer à avoir des symptômes physiques, mais parfois il faut du temps avant de faire le lien entre ça et le décalage que tu sens au fond de toi. Parfois même, les symptômes finissent par occuper tout l’espace et tu n’arrives plus à te poser pour prendre du recul.

    Mais tout ça — l’inconfort, le décalage léger mais persistant, la douleur physique… — on a appris à vivre avec et à ne pas en faire tout un plat, parce que “je n’ai pas à me plaindre, quand même” ou bien “j’ai tout ce que je désirais”.

    Si tu fais attention, tu remarqueras que j’ai écrit “désirais” au passé.

    Donc : et si aujourd’hui, tu voulais autre chose ?

    Vas-tu laisser cette jolie vie éroder ton énergie doucement, et finir par avoir raison de ta créativité et de ta joie de vivre ?

    Le coût de changer vs. le coût de ne pas changer

    Quand on commence à sentir que quelque chose ne va pas, il y a en gros deux options : changer ou ne pas changer.

    Prendre une décision qui va rompre avec la direction qui était prise jusqu’à maintenant, donner une nouvelle orientation — ou bien ne rien faire, continuer comme avant.

    À noter :

    • une décision n’a pas à être radicale ni à tout chambouler : parfois, une petite décision simple permet d’amorcer quelque chose d’intéressant sans que ça remette tout en cause ;

    • ne rien faire peut être la meilleure solution dans l’instant : il n’y a pas de “bonne réponse” qui s’appliquerait à toute situation.

    Mais ce qu’il faut voir, c’est que le coût d’un changement est souvent visible et immédiat : il peut provoquer des remous ou même un conflit, une réorganisation, une perte. Ça peut être effrayant à court terme, mais à long terme, on se rend souvent compte que finalement, ça ne comptait pas tant que ça.

    Le coût de l’incohérence, lui, est beaucoup plus discret : il se manifeste par une diminution progressive de ton énergie et de ton sentiment d’être vivant. À terme, on pourrait dire que c’est ce que tu as de plus précieux.

    Ainsi, le vrai risque n’est souvent pas dans le changement, mais dans le fait de rester trop longtemps au même endroit, sans bouger.

    Redonner la bonne direction à sa vie

    Attention, quand je parle de “bonne direction”, je ne parle pas d’une direction que tu étais censé(e) suivre et dont tu te serais écarté(e). Je parle de la direction que toi, tu veux pour toi-même, qui est donc “bonne”.

    Pour réorienter ta vie et avancer vers ce qui te donne envie, il y a plusieurs approches. Tu peux :

    • connaître déjà la destination que tu veux atteindre maintenant, faire le point sur là où tu te trouves actuellement, évaluer les options pour te rendre où tu veux aller et faire un choix ;

    • savoir à peu près dans quelle direction tu veux aller et, même chose, évaluer tes options et faire un pas en avant — ou sur le côté ;

    • sans savoir du tout où tu veux aller, envisager plusieurs options qui se présentent à toi, en tester une et ajuster en fonction de comment tu te sens après — eh oui, on croit souvent que pour agir, il faut savoir quoi dire, quoi faire, où aller… mais parfois, il suffit de faire un truc au hasard, et la clarté vient pendant ou après.

    Comme tu peux le voir, où que tu en sois, il y a une possibilité — tu n’es jamais vraiment coincé(e).

    Mais si tu veux fluidifier tout ça, que ce soit pour mieux sentir ce que tu veux, connaître tes vrais désirs, prendre des décisions ajustées ou passer à l’action, la stabilité intérieure est une compétence essentielle à développer.

    Si tu veux mieux comprendre ce sujet, je parle de stabilité intérieure en détail dans l’article Pourquoi je sais ce que je dois faire… mais je ne le fais pas.

    Cette solidité que tu peux sentir quand tu fais un choix bon pour toi et que tu t’y tiens est d’une aide précieuse quand il s’agit de prendre des décisions de vie importantes.

    Mais ce n’est pas tout : l’entraînement qui permet de la développer a pour conséquence de nettoyer ton espace intérieur — celui-là même où s’exprime ton cœur. J’explore ce sujet dans l’article Comment savoir ce que l’on veut vraiment — et arrêter de répondre aux attentes des autres.

    Ainsi, en travaillant sur ta capacité à prendre des décisions, tu renforces en même temps ton écoute de toi-même et de tes élans profonds.

    Je démarre bientôt un accompagnement en tout petit groupe, avec pour objectif d’identifier plus clairement les zones de ta vie dans lesquelles tu es en décalage et d’entraîner ta capacité non seulement à sentir ce que tu veux pour toi, mais également à prendre des décisions et poser des actes pour aller dans la direction de ton choix.

    Clique ici pour connaître tous les détails.

    Si tu sens que c’est le moment pour toi, postule dès maintenant : je reçois les candidatures jusqu’au 20 mars et nous démarrons le 7 avril. Il y a 5 places.

    Maintenant dis-moi : qu’est-ce qui t’a le plus parlé dans cet article ? Échangeons en commentaires ☟

    Flora Douville

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