Comment trouver sa voie sans se perdre quand on est intuitive et exigeante
Quand j’ai décidé d’arrêter mes activités en janvier 2024, ce n’était pas parce que j’avais envie de faire autre chose, c’était parce que je savais que ce que j’avais fait jusque-là, c’était fini — en tous cas en grande partie. Pourtant, on m’avait toujours dit que j’étais “sur ma voie”… Est-ce que je m’étais trompée ?
Il y a des moments comme ça, dans la vie, où on sent que quelque chose est fini ou doit changer : ce qui fonctionnait avant ne fonctionne plus, ce qui était nourrissant ne l’est plus, ce qui était fluide et excitant devient lourd et fatiguant.
Quand on sait clairement ce qui doit bouger, ou vers quelle direction bifurquer, c’est super, mais quand on ne sait pas et que l’horizon est flou, on pourrait tomber dans le piège de ne rien faire avant d’avoir une vraie clarté sur la suite, avant d’avoir trouvé sa voie, justement.
Dans cet article, j’explore cette phase particulière où on sent que quelque chose doit bouger, mais on ne sait pas encore quoi — comment naviguer sereinement dans ces eaux-là et avancer.
Dans cet article :
Trouver sa voie
Avant de commencer, je vais clarifier un point — ou plutôt une expression qu’on utilise énormément. Je l’ai moi-même employée dans le titre de cet article.
On imagine souvent que trouver sa voie, c’est savoir exactement ce pour quoi on est fait et ce qu’on va faire dans sa vie. Comme si cette découverte résolvait ensuite tous les problèmes.
En réalité, trouver sa voie — tel que je l’entends — c’est simplement être sur son chemin. Et c’est déjà le cas : peu importe à quoi ressemble ton chemin, tu es dessus !
Dans ce sens, “trouver sa voie” est un faux problème, car cette expression crée une sorte d’idéal impossible : un état rêvé dans lequel on saurait exactement quoi faire, où aller et comment y arriver.
La réalité est beaucoup plus simple et ne demande pas de tout savoir, tout comprendre ou tout prévoir, elle demande simplement de faire un premier pas, un premier geste.
Et c’est précisément de ça dont on va parler ici.
Décider de bouger sans connaître la suite
Lorsque la décision m’est tombée dessus, il y a deux ans, et que j’ai senti qu’il était temps de me retirer de la Méta®, je ne savais absolument pas ce qui allait suivre — je ne le sais toujours pas précisément, d’ailleurs : je fais un pas après l’autre.
La veille de ma décision, j’étais toujours motivée et prête à avancer, j’avais des projets pour mon entreprise, des envies. Et puis, suite à une conversation, j’ai senti que j’arrivais au moment crucial : celui de la fin de mes activités en lien avec la Méta®.
J’ai longtemps su que ce jour arriverait, mais je ne savais pas quand — et tant que je ne sentais pas cette décision, intérieurement, il aurait été insensé de la prendre par anticipation, tu en conviendras.
Je n’ai pas attendu d’avoir de la clarté sur la suite pour annoncer publiquement que j’arrêtais mes activités, non : j’ai annoncé que j’arrêtais au moment où j’ai su que j’étais arrivée à la croisée des chemins.
Ça a été brutal pour certaines personnes, parce que je n’ai pas cherché à temporiser : ce qui m’importait était d’être transparente et de ne pas laisser une partie de ma communauté en suspens pendant des semaines, alors que certaines personnes savaient déjà.
On m’a beaucoup demandé : « oh, mais qu’est-ce que tu vas faire maintenant ? Qu’as-tu prévu ? »
La réponse restait toujours la même : « je n’en sais rien, je n’ai rien prévu ! »
On m’a trouvée sage, courageuse, audacieuse, tout ça… mais la vérité, c’est que je n’ai fait que suivre la seule voie qui s’offrait à moi :
poursuivre mes activités n’était plus envisageable : en me visualisant continuer, ma vie n’était que lourdeur et suffocation ;
accepter de ne pas savoir où j’allais, en ayant confiance que mon chemin allait se dessiner au fur et à mesure.
J’étais dans le flou et l’incertitude sur la suite, mais dans la joie et la légèreté de mettre un terme à ce que j’avais fait jusque-là.
Le flou n’est pas un problème
C’est ce que j’ai reconnu à l’intérieur : du flou et de la joie.
Le piège ici est de penser : flou = problème.
Effectivement, le flou peut être source de stress ou de tension : « mais qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire, à la place ?! » Mais cette façon d’aborder le flou n’est pas obligatoire : il est possible de voir les choses autrement.
Oui : le flou est un élément qui fait partie du paysage, il est à prendre en considération, mais il n’est pas nécessairement un problème à résoudre.
Quand on sent qu’il est temps de faire évoluer une situation, voire carrément de la quitter, le flou qui peut se poser sur l’après peut avoir plusieurs causes :
il peut venir du fait qu’on s’est beaucoup focalisé sur sa situation actuelle sans envisager la suite, elle n’a donc pas encore pris forme ;
il peut venir du fait qu’on sache déjà ce que pourrait être la suite, mais pour une raison X ou Y, ça fait peur, alors le flou joue le rôle d’un voile qui nous en protège temporairement ;
il peut aussi venir du fait que la suite va se construire à partir d’éléments qui ne sont pas encore arrivés dans notre vie : il est trop tôt pour savoir.
Dans tous les cas, on est invité à avancer avec curiosité, et le flou dévoilera ce qu’il a à dévoiler en temps voulu.
Le changement n’est pas toujours linéaire
On imagine souvent le changement comme quelque chose de très linéaire, logique et fluide :
Je suis dans une situation > Je vois qu’elle ne me convient plus > Je sais ce que je veux faire à la place > Je mets ça en place > Je quitte facilement (et avec grâce, évidemment) ma situation précédente en même temps que je m’installe dans la nouvelle.
Ça, ça arrive parfois. Mais ce n’est pas du tout systématique. Et surtout : ce n’est pas parce que ta situation ne ressemble pas à celle-ci que :
tu as raté quelque chose ;
tu t’y prends mal, tu ne fais pas ce qu’il faut ;
ta réorientation ou ta transition ne se passent pas comme elles devraient.
Les choses sont comme elles sont, et il n’est pas nécessaire d’ajouter une couche de commentaires dessus : ça ne fait qu’alourdir les choses, qui pourraient autrement se vivre avec beaucoup de simplicité.
Quand on est sensible, voire très sensible, on a tendance à chercher le contrôle dans sa vie, d’une manière ou d’une autre, pour éviter les heurts — parce qu’un petit coup peut faire mal. Alors ne pas connaître la suite, ne pas avoir de certitude sur ce qui arrive… ça fait flipper ! C’est normal et ce n’est pas un problème.
Ce qu’il y a à savoir, c’est qu’on peut s’entraîner, petit à petit, à réagir différemment face au flou et aux émotions diverses qu’il peut générer — lis la suite pour en savoir plus.
Faire un pas dans le brouillard
Qui dit changement dit circonstances qui évoluent. Quitter un emploi, une personne, un lieu : tout ça peut générer beaucoup de stress et obliger, même temporairement, à accepter une situation inconfortable — devenir dépendant financièrement de quelqu’un d’autre, prendre un job alimentaire, vivre chez un ami ou chez ses parents, etc.
Et ça, quand on aimerait maîtriser sa vie, on n’en a pas envie : on préfère attendre que le flou soit net, que la suite soit déjà éclaircie et, si possible, que ça roule déjà avant de lâcher l’ancienne situation. On veut rester en contrôle.
Sauf que la suite, souvent, elle ne devient possible et fonctionnelle que lorsqu’on a lâché ce qui nous retenait. Tant qu’on est attaché à une situation par sécurité ou par habitude, l’espace nécessaire à l’émergence d’autre chose reste limité.
Ça implique donc d’avancer dans le brouillard ou de faire un pas dans une direction incertaine.
L’avantage d’avancer même quand on ne sait pas trop où on va, c’est que le mouvement va nous apporter un feedback précieux :
en ayant fait un pas, notre environnement n’est plus le même : on voit des choses qu’on ne voyait pas avant, on a de nouvelles informations qui peuvent potentiellement nous aider à faire un nouveau choix ;
le mouvement nous permet de sentir ce qui est vivant en nous : comment je me sens, à cet endroit ? Que me dit mon intuition : continuer par là, rester, ou changer de direction ?
La clarté vient souvent après le mouvement.
Ce qui se passe quand on ne fait rien
Il arrive qu’on décide de ne rien changer, temporairement. Et ce n’est pas un problème : dans certaines situations, rester là où on est permet de finir quelque chose d’important, de prendre des forces ou de stabiliser une situation pour la suite — reculer pour mieux sauter, comme on dit.
Quand l’immobilité se prolonge alors que, au fond de soi, on sent que quelque chose demande à bouger, là il est utile de regarder ce qui se passe.
Le coût de l’immobilisme n’apparaît pas toujours immédiatement : souvent, il se manifeste de manière lente et discrète — c’est ton enthousiasme qui diminue, une fatigue un peu persistante. Tu sens moins d’élan dans tes prises de décision, tout est un peu plus lourd à porter.
Quand ce n’est pas spectaculaire, on peut se dire que ce n’est pas grave de continuer un peu comme ça. Mais à la longue, la perte d’énergie est réelle et le décalage devient vraiment inconfortable. Quand ce décalage dure trop longtemps, on finit par s’habituer à fonctionner en suradaptation, en dessous de ses envies.
La vie continue, bien sûr, mais avec quelle saveur ? Et c’est souvent après coup qu’on réalise l’ampleur de cette érosion silencieuse.
Voilà pourquoi faire un petit pas, même sans savoir où il nous mène, est intéressant.
La phase intermédiaire
Quand on a quitté une situation mais que la suite n’est pas claire, on se retrouve dans une sorte d’entre-deux, de sas.
Cet entre-deux sera ce que tu en fais :
une phase de stress, de tension et de confusion si tu refuses les choses telles qu’elles sont et que tu t’acharnes à vouloir savoir ce qui doit venir ensuite et que les réponses que tu obtiens ne sont jamais satisfaisantes ;
une phase de repos, de détente et de contemplation fertile pour la suite de ta vie si tu prends les choses comme elles viennent.
D’ailleurs, plus tu forceras la suite, plus elle tardera à se mettre en place, car cette phase intermédiaire n’est pas « rien » : c’est un vide nécessaire pour qu’une transformation intérieure puisse se faire. Si tu bloques cette transformation en t’agitant, elle ne se fera pas.
Cette phase peut être inconfortable mais elle est nécessaire car elle permet une réorganisation intérieure. Elle peut parfois toucher à un changement de valeurs, de priorités, de relation à soi… et donc, demande du temps et de l’espace.
En ce qui me concerne, j’ai pris deux années pour ne rien faire, quasiment, professionnellement parlant — jachère. Ces deux années m’ont fait beaucoup de bien et m’ont permis de me souvenir que petite, j’aimais prendre le temps de ne rien faire, simplement être là et contempler mon environnement. Mais souvent, à un moment, on m’appelait pour venir faire quelque chose et je me sentais arrachée à moi-même.
Je ne peux pas dire précisément, à part ça, pour quoi j’ai eu besoin de ce temps, ce qu’il m’a permis de nettoyer ou transformer, même si j’ai des éléments de réponse. Mais peu importe : a-t-on besoin de tout savoir, tout comprendre ?
L’important est que j’ai senti l’élan de mettre de nouvelles choses en place il y a quelques mois, alors je l’ai fait. Je sais que ça évoluera avec le temps et avec mes découvertes personnelles.
Peut-être qu’on trace sa voie, plutôt qu’on ne la trouve ?
Comment évoluer sereinement
Tout ce qui s’est passé jusqu’à maintenant dans mon cas — compréhension qu’il est temps d’arrêter sans savoir quelle sera la suite, prise de décision, acceptation du flou, transition, ouverture à ce qui vient — a été grandement facilité par l’entraînement que je mène depuis des années, à l’observation intérieure.
En gros, il s’agit de s’ouvrir à ce qui se passe en soi et observer : les nœuds, les pensées, les tensions, les histoires, les commentaires, les jugements… et rester avec, sans chercher à faire quoi que ce soit d’autre que d’être là, présent, attentif.
J’appelle ça le processus-clé et j’en parle en détail dans mon livre Je m’aime comme je suis.
Pourquoi ça m’a aidée ? Parce que j’ai pu vivre ce qu’il y avait à vivre simplement et sereinement, sans faire de ma situation un problème.
Une transition ou un changement se passe toujours plus simplement, plus facilement quand la stabilité intérieure est solide.
Et là encore, on peut se raconter des histoires : une stabilité intérieure solide ne signifie pas « ne plus rien sentir » ou « être blindé ». Ça signifie être capable de voir que quelque chose doit changer, prendre une décision à partir des éléments à disposition, et agir en restant dans son axe.
Même quand c’est inconfortable, même quand c’est difficile — parce que oui, tant qu’on sera humain, on sera toujours traversé par toute une palette d’émotions : ça veut dire qu’on est vivant !
L’importance de la présence
Pendant une phase de transition, ce qui va t’aider le plus n’est pas d’analyser en profondeur ou de pousser à l’action.
Ce qui va t’aider, c’est la présence à ce que tu vis : savoir observer, écouter, décider et agir en fonction, quand c’est opportun.
Ta présence va t’aider à développer ta stabilité intérieure — qui n’a rien de rigide. C’est au contraire une agilité, une souplesse, qui te permettent d’être ou de faire ce qui est le plus juste quand ça se présente. C’est la présence et l’attention à ce qui se passe en toi qui va te permettre d’observer toujours plus finement ce qui se passe et ainsi, naturellement, de sentir ce qui est à faire.
La présence et la stabilité intérieure qui en découle permettent de vivre tranquillement sans chercher frénétiquement une direction, de rester stable dans l’incertitude, de ne pas se précipiter dans une direction qui n’est pas la bonne.
Elles permettent d’observer les mouvements internes, de rester présent à ce qui se transforme, sans chercher autre chose que ce qui est là.
Et c’est aussi ce qui permet de faire de la place à ce qui arrive : les élans discrets, les envies, les nouveaux centres d’intérêt, les rencontres…
Tout commence par la présence.
Si tu es dans une phase de transition dans ta vie — ou tu sens qu’elle approche — et que tu cherches un espace de travail pour soutenir et éclairer ce moment, sache que je démarre bientôt un accompagnement en tout petit groupe, avec pour objectif d’entraîner ta capacité non seulement à sentir ce que tu veux pour toi, mais également à prendre des décisions et poser des actes pour aller dans la direction de ton choix.
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Maintenant dis-moi : qu’est-ce qui t’a le plus parlé dans cet article ? Échangeons en commentaires ☟
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Flora Douville
L’art de rester fidèle à soi